Stéphane de Gérando /blog
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Au regard d'une histoire "contemporaine", comment est-il possible de douter de notre capacité collective et individuelle à émettre un jugement contradictoire concernant la création et l'invention artistique ou plus globalement intellectuelle? Les dates suivantes rappellent ce double mouvement de rejet puis d'acceptation. Elles mêlent des questions esthétiques, historiques, institutionnelles, économiques, intellectuelles et entraînent une réflexion de fond sur la place du créateur et de l'inventeur dans nos sociétés, les contraintes et les conditionnements liés à toute invention ou imaginaire singulier et les questions de transmission qui en résultent. La possibilité de "faire" semble liée à la possibilité de condamner : dans ce contexte, la force des individualités est à la fois essentielle et ambiguë. Peut-on parler d'inertie, d'arrogance, de pouvoir, de certitudes ancrées de nos cultures occidentales et qui font et conditionnent irrémédiablement notre capacité à créer et à inventer et que signifie concrètement cette notion de liberté? S'il ne s'agit pas d'imposer un modèle culturel mais bien de le relativiser (en prenant compte le point de vue anthropologique notamment), il serait intéressant de mesurer de quelle manière l'histoire tient compte de sa propre histoire. Y-a-t-il une différence réelle entre le situation du créateur d'hier et aujourd'hui face à une liberté d'imaginer? En d'autres termes, si l'on envisage une trajectoire et un développement de la pensée, de l'invention et de la création, cette trajectoire est-elle fondamentalement modifiée par son propre passé? Dans un cadre pédagogique secondaire ou universitaire par exemple, sommes-nous aujourd'hui en mesure collectivement d'intégrer ces questions et de renouveler nos attitudes pour envisager et développer les enjeux de nos sociétés de demain? Souhaitons-nous envisager la connaissance sous l'angle d'une capacité à inventer, à douter, à argumenter, à échanger, à accepter l'erreur, à être responsable en assumant ses pensées et ses actes? Il y a bien là dans un cadre didactique un échange qui ne se fonderait pas sur des rapports à la mode entre le "maître", l' "élève", les parents... ni sur un mélange des genres visant à remettre en question culture et savoir. L'objet de la transmission serait au centre de nos préoccupations administratives et pas seulement pédagogiques, non pas comme une quantité de savoir à acquérir, mais comme une disposition à s'entendre et à entendre, à restituer toute pensée ou acte dans une appréhension multiple analytique diachronique à la fois sociale, culturelle, intellectuelle... (prise en compte du temps et de ses trois dimensions - passé, présent et futur). Synonyme parfois de fermeté, d'honnêteté, de transparence des fonctionnements et avant tout d'humilité, il y a là un enjeu autocritique difficile à réaliser, mais qu'il semble nécessaire de réhabiliter pour éviter toute forme de séparation générationnelle et de désenchantement trop superficiel. L'arrogance de toute attitude, pensée intellectuelle ou acte de création comme l'absence de positionnement pourrait à terme entraîner une "désertification des cultures et des identités". MIUSIQUE ET AUTRE... /SCANDALES 1741 : Bach Les Variations Goldberg de Bach sont un monument de la musique. Il fit scandale : ce jeune homme fantasque, loin des maîtres compassés en Bach lui-même a été quasiment oublié de sa mort jusqu'en 1829, qui voit le retour (initié par Félix ... Beaucoup s'insurgent et crient au scandale...) Selon la tradition, elles furent écrites vers 1741 pour distraire les nuits d'insomnie du Comte Keyserling, et être jouées par son claveciniste Johann Gottlieb Goldberg, élève du compositeur 1861 : Tannhäuser - La création de Tannhäuser, en 1861, provoqua un des plus grands scandales de l'histoire lyrique. Les représentations à venir furent alors annulées et Wagner quitta la ville précipitamment. 1875 : Carmen Le réalisme de Carmen de Bizet a provoqué un véritable scandale à sa création à l'Opéra Comique le 3 mars 1875. 1902 : Pelléas et Mélisande - Debussy Créé en 1902 à l’Opéra Comique avec grand scandale, l’ouvrage en cinq actes est ... responsable du scandale de la création par la cabale qu’il déclencha ! 1905 : Einstein La thèse de fin d’études d'Einstein qui portait sur la Relativité (restreinte) a été jugée "incompréhensible" et en conséquence, il n’a pas pu avoir de poste dans un labo de physique. C’est comme ça qu’il s’est retrouvé employé dans un bureau de brevets.Ensuite, la Relativité a été reconnue en 1919 grâce à des observations astronomiques lors d’une éclipse solaire. Observations qui ont montré que les rayons lumineux des étoiles lointaines étaient légèrement déviés par la gravitation solaire selon les calculs de la Relativité. Quant à son Nobel de 1921, on le lui a un peu hypocritement attribué pour d’autres travaux que la Relativité, car il fallait que le monde académique sauve la face, après s’être gaussé de lui pendant des années, la Relativité générale ( incluant la gravitation ) ayant été achevée en 1915. 1905: Quatuor à cordes Op.7 de Schoenberg Arnold Schönberg, sont instigateur et maître à penser, composait son Quatuor à cordes Op.7 n°1 en ré mineur, une œuvre qui fit un véritable scandale lors de sa création à Vienne, en septembre de la même année. 1905 : Salomé Avec Salomé (1905), un opéra à la sensualité étouffante, conçu d'après la pièce d'Oscar Wilde, Strauss se libéra de Wagner en inventant de nouvelles sonorités : le scandale fut retentissant. 1910 Shéhérazade de Rimski-Korsakov Shéhérazade fut en effet crée le 4 juin 1910 à l’Opéra de Paris par Vaslav Nijinski dans le rôle de l’Esclave d’Or aux sauts légendaires. Prince élégant il ne semblait pas à priori désigné pour incarner un Faune si sensuel qu’il fit scandale à sa création. 1910 : Bourgogne Le 15 décembre, première audition de Bourgogne à Berlin. Ce premier contact de Varèse avec le public est aussi un premier scandale. Il ne détruira le manuscrit de l'oeuvre qu'en 1962. 2ème Suite d’orchestre de Darius Milhaud Le scandale provoqué lors de la création de la 2ème Suite d’orchestre de Darius Milhaud lui vaudra de son ami Saint-Saëns une lettre demeurée célèbre : « Je vois avec douleur que vous ouvrez la porte à des aberrations charentonesques et que vous les imposez au public qui se révolte. Plusieurs instruments jouant en des tons différents n’ont jamais fait de la musique mais du charivari... ». 1912 création du « Pierrot Lunaire » d’Arnold Schönberg Lors de sa création en Allemagne, le scandale fut immédiat, parce que cette technique de chant développée par Schönberg, associée à l’atonalité générale de l’œuvre et à l’effectif instrumental peu courant, bien qu’elle s’inscrivît dans la lignée du mélodrame romantique, créaient des effets de violence expressionniste dérangeants. 1913 : Schönberg Le livre fait une histoire de la réception des premières oeuvres de Schoenberg, du concert de la Nuit transfigurée au Skandalkonzert du 31 mars 1913 (un foutoir massif: invectives, gifle, intervention de la police, impossibilité de jouer les Kindertotenlieder, double procès), à partir des comptes-rendus critiques et de la correspondance de Schönberg. Et développe la thèse que c'est la réception catastrophique de ses oeuvres qui a conduit Schönberg à assumer pleinement sa position d'avant-garde en rupture avec la tradition. Le point nodal a été le scandale de la création de l'opus 10, après lequel Schönberg est passé d'un discours d'intégration à celui de la rupture. 1913 : Le Sacre du Printemps Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du Printemps (1913). Violence et rites sauvages dans une Russie primitive. Scandale lors de sa création, au Théâtre des Champs-Élysées (aussi dû à la chorégraphie de Nijinsky, partition de Stravinsky dirigée ce soir-là par Pierre Monteux) Années 20 Hindemith - Dans les années 20, il fit scandale avec ses trois petits opéras en un acte, Mörder, Hoffnung der Frauen (littéralement, Assassins, espérance des femmes), sur un texte du peintre expressionniste Oskar Kokoschka, Das Nusch-Nuschi, comédie érotique pour marionnettes birmanes et, surtout, Sancta Susanna, adaptation du drame homonyme qu’A. Stramm avait écrit en 1913. Les deux premiers volets de ce triptyque furent créés en 1921 au Landestheater de Stuttgart. Mais Sancta Susanna, taxé d’obscénité, dut attendre l’année suivante pour voir le jour à l’Opernhaus de Francfort, dont Hindemith était alors le directeur musical. Le scandale fut tel que la police dut intervenir pour protéger le théâtre ! « Parade » d’Erik Satie Le ballet d’Erik Satie (1866-1925), « Parade », crée au Châtelet, en 1917, commande de Diaghilev sur un argument de Cocteau. Satie a crée à cette occasion des « trompes-l’oreille » : sirène, roue de loterie, machine à écrire. « Parade » fait scandale. C’est à propos de « Parade » que Guillaume Apollinaire emploie le terme « surréaliste » pour la première fois. 1923 : Hyperprism 4 mars. Création d'Hyperprism à New York sous la direction de l'auteur. Premier grand scandale. 1954 : Déserts Le 2 décembre 1954,la création de Déserts,œuvre du compositeur franco- américain Edgar Varèse (1883-1965),provoqua de sérieux «remous» au Théâtre des Champs-Élysées1. Pour de nombreux musicologues et pour les milieux musicaux,il s’agit d’un des plus grands «scandales» du XXesiècle.Ce point de vue est,par ailleurs,renforcé de prime abord par l’audition de l’enregistrement original du concert (retransmis en direct,pour la première fois à l’époque,par la RTF) qui met en évidence une violence certaine dans les réactions du public, quoique principalement verbale. Or, durant la même période, d’autres œuvres de musique contemporaine ont été «chahutées», sans que pour autant l’on en fasse aujourd’hui état. On peut alors se demander pourquoi l’on se souvient volontiers de Déserts et pas des autres «scandales». On peut s’interroger également sur la validité des affirmations qui tendent à faire de cette première une sorte de «bataille héroïque» de la création musicale moderne. (Julien MATHIEU, Un mythe fondateur de la musique contemporaine: le «scandale» provoqué en 1954 par la création de Déserts d’Edgar Varèse) Deux camps s’affrontaient : les rouspéteurs, furieux d’entendre de la musique sortant de deux ” hauts frigos blancs ” (c’est ainsi que furent décrits les haut-parleurs diffusant la partie sur bande magnétique de cette œuvre pionnière pour instruments et ” sons concrets “), sont immédiatement rabroués par les partisans du compositeur. Après les interjections d’usage, un concours de bruits animaliers : aux miaulements répondent des aboiements. C’est alors que ceux qui s’étaient tenus silencieux se mettent alors à rire, de sorte qu’on ne sait plus très bien qui se moque de quoi. ” Le poulailler fait entendre des bruits de basse-cour. Une vieille dame digne, dans la loge à côté, commence à rire tout haut, à pousser de petits cris, et finit par hurler…, relate le critique Maurice Fleuret, onze ans plus tard. Dans les couloirs, à l’entracte, la bataille continue. Un géant aux cheveux gris, aux sourcils méphistophéliques, pleure de grosses larmes froides. C’est Varèse, entouré d’amis, ulcéré par tant d’incompréhension, déçu par Paris, qu’il aime et où il n’était pratiquement pas revenu depuis la légendaire époque de Montparnasse. “ En 1927, douze ans après son exil aux Etats-Unis, le compositeur français avait pris la nationalité américaine. Il n’avait plus remis les pieds en France depuis l’été 1933. A l’occasion du séjour parisien de Déserts, il enregistra pour la radio une série de fameux entretiens qui furent publiés par écrit en 1970, cinq ans après sa mort. 1955 : Metastasis Scherchen décida aussitôt qu’il la ferait jouer, ce qui eut lieu le 15 octobre 1955 à Donaueschingen sous la baguette d’un autre chef, Hans Rosbaud : scandale à la création. http://admc64.wordpress.com/category/scandales/ 1962 : Bohor Xenakis Pour un compositeur de musique électroacoustique et un chercheur spécialisé dans l’analyse de ce genre musical, Bohor est une œuvre très intéressante. Intéressante, car cette musique a provoqué un des rares scandales dans le milieu de la musique électroacoustique. (http://cicm.mshparisnord.org/ColloqueXenakis/papers/Couprie.pdf) 1966 : Les scandales Yves Saint Laurent En 1966, sa see-through blouse a fait scandale aux Etats-Unis. Deux ans plus tard, une cliente arrivant dans un restaurant à New York en tunique-pantalon de jersey se verra refuser l’entrée. Réapparue en tunique (devenue mini-robe), elle sera acceptée... « Je veux trouver pour les femmes l’équivalent du costume d’homme », expliquait-il en 1967, affranchissant la mode de ses histoires de longueurs, de couleurs, pour la propulser dans l’époque. Son grand scandale aura été de magnifier le corps, de remplacer le mot élégance par celui de séduction, allumant des feux de désir, là où il n’était question que de convenance et de respectabilité. 1971 : Scandale moral : Orange mécanique Si Orange mécanique soutient que c'est la société qui est à l'origine de la délinquance chez les jeunes, la presse anglaise de l'époque affirme que le film de Kubrick pourrait bien avoir déclenché une vague de violence urbaine. Au moment de la sortie du chef-d'oeuvre de Kubrick, l'Angleterre est confrontée à une vague inexpliquée de meurtres commis par de jeunes criminels. Accusé d'avoir donné le "mauvais exemple" par une presse injustement agressive, Stanley Kubrick décide de retirer son film de l'affiche, malgré un succès retentissant. 1973 : Scandale moral : La Grande Bouffe "Le plus grave n'est peut-être pas d'oser montrer ce spectacle dégoûtant, c'est de jouer de ce dégoût pour détruire le respect de soi-même et le respect de la vie" s'insurge un critique de Telerama après la projection de La Grande Bouffe au Festival de Cannes en 1973. Le film de Marco Ferreri, virulente critique de la société de consommation, présente des scènes de scatologie entrecoupées de séquences quasi-pornographiques. La presse Cannoise hurle au scandale au point qu'une mini guerre se crée entre ceux qui descendent et ceux qui défendent le film. Alors que les journalistes se chamaillent, les spectateurs assurent un joli succès au film sans le moindre remous. Un scandale créé de toute presse en somme. 1973 : Scandale moral : Massacre à la tronçonneuse La censure cinématographique française n'est pas réputée pour sa rigidité. Et pourtant, Massacre à la tronçonneuse a failli ne jamais voir le jour en France. Réalisé en 1973, le chef-d'oeuvre de Tobe Hooper connaît sept années de longues négociations avec la censure, tant la violence apparaît comme exacerbée et efficace. "Plus qu'une invitation à la violence, ce film est, à la vérité, une introduction à la folie" conclut la commission. Le film est sur le point de recevoir le redoutable classement X, plusieurs personnalités politiques (Françoise Giroud, Jack Lang) participent aux projections de la commission... Massacre à la tronçonneuse obtient finalement son autorisation de diffusion en salle en 1981. 1975 : Scandale moral : L'Empire des sens L'Empire des sens est incontestablement l'un des chefs-d'oeuvre les plus marquants du cinéma érotique. A travers la passion explicitement sexuelle entre Sada et Kichizo, le réalisateur Nagisa Oshima livre une réflexion (presque politique !) sur les pulsions qui animent l'être humain. Mais en 1975, malgré la libération sexuelle, il était encore difficile de définir clairement les limites de la pornographie. Le film d'Oshima a donc été rapidement catégorisé et le réalisateur s'est même vu affublé d'un interminable procès au Japon pour pornographie. Le film est resté interdit de diffusion au pays jusqu'en 2001. 1978 JEAN-CLAUDE ELOY "Fluctuante-Immuable", commandé par l'Orchestre de Paris, exprime le besoin de transmettre à la matière orchestrale les découvertes sur la perception statistique faites en studio. L'oeuvre crée un scandale à sa création, autant avec l'orchestre qu'avec le public, et sera reprise ensuite sous la direction de Michel Tabachnik (Festival de La Rochelle 1978) ; Gilbert Amy ("Perspectives du XXe siècle"/NOP/Radio-France 1979 ; Orchestre National de Lyon 1990). 1980 : Scandale moral : Cannibal Holocaust Considéré comme le premier film pornographique à bénéficier d'une distribution classique en salle, Gorge profonde connaît un succès pour le moins phénoménal. Doté d'un budget initial de 22 000$, le film en rapporte 600 millions et devient même l'événement tendance de l'époque. Même Jackie Kennedy l'a vu ! Mais les associations féministes et ultra-conservatrices s'insurgent. Résultat : l'acteur Harry Reems (cf. photo) a été condamné (puis relaxé) par la justice américaine pour avoir joué dans le film et l'actrice principale, Linda Lovelace, harassée par son image de star du porno, s'évertue à interdire la diffusion du film. 1981 : Scandale moral : Salò de Pasolini Toute la carrière de Pasolini a été parfumée de scandale. Mais Salo ou les 120 journées de Sodome, est peut-être retrospectivement son film le plus puissant, le plus explicite de toute sa filmographie. Inspiré des écrits du Marquis de Sade, le film expose deux heures durant scènes de tortures, de scatologie particulièrement dérangeantes. Mais le scandale ne serait pas né si le réalisateur n'avait pas livré dans son oeuvre une métaphore horrible du fascisme. Dans un contexte politique trouble, Pasolini est assassiné trois jours après la sortie de son film. La police a considéré que le réalisateur a été tué par un ancien amant. Les proches, eux, sont persuadés d'un crime politique... Comment un simple film d'exploitation a pu susciter autant de polémiques ? Interdit dans plusieurs pays, le film d'horreur Cannibal Holocaust présente des meurtres tellement réalistes et sauvages que le réalisateur Ruggero Deodato s'est retrouvé devant les tribunaux pour prouver l'identité de plusieurs acteurs afin de démontrer qu'il ne les avait pas réellement tués ! En revanche, les mises à mort d'animaux (tortue, singes, cochon...) sont hélas bien réelles. Plusieurs associations pour la défense des animaux se sont d'ailleurs mobilisées pour interdire le film. Assorti d'une interdiction aux moins de 18 ans, le film sort en 1981, amputé de ces séquences subversives. 1988 : Scandale religieux : La Dernière tentation du Christ Si aujourd'hui, le parfum de scandale qui embaumait La Dernière tentation du Christ s'est quelque peu évaporé, difficile d'en dire autant au moment de sa sortie en 1988. Choqué par le caractère soit disant blasphématoire du film de Scorsese, plusieurs catholiques intégristes prennent part à de violentes manifestations de colère : jets de gaz lacrymogène, salle parisienne incendiée, appel aux boycotts. Que de débordements de la part de conservateurs religieux qui s'attendaient à une lecture simplement fidèle de la bible ! 1994 : Tueurs nés Scandale moral : Tueurs nés 21 septembre 1994. Précédé d'une réputation sulfureuse aux Etats-Unis et au Festival de Venise, Tueurs nés d'Oliver Stone sort sur les écrans français. L'histoire de ce couple en cavale sans foi ni loi évoque sans détour la fascination que provoque la violence dans les médias de masse. Le film choque, dérange, sans plus. Mais c'est surtout le 4 octobre 1994 que la violence du film prend des proportions énormes lorsqu'un jeune couple, Audry Maupin et Florence Rey, tuent froidement trois policiers et un chauffeur de taxi. Le film est alors jeté en pâture à une certaine presse très agressive et pas forcément très pertinente qui accuse Oliver Stone de présenter une violence incitatrice. 2000 : Scandale moral : Baise-moi Baise-moi est peut-être le dernier grand scandale cinématographique qu'on a connu en France. Après une sortie "normale", le film de Virginie Despentes accumule tant de scènes de violence et de sexualité explicite que l'association "Promouvoir" dirigée par le patron du mouvement de Bruno Mégret et plusieurs parents font pression auprès de la censure pour retirer le visa d'exploitation du film et lui conférer un classement X. La presse et plusieurs personnalités du cinéma s'opposent violemment à cette mesure. Compromis : le comité de classification et le ministre de la culture ont mis au point une nouvelle interdiction : celle aux moins de 18 ans, permettant ainsi au film de poursuivre une carrière en salles.
Références : http://www.linternaute.com/sortir/cinema/film/dossier/films-a-scandales/
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